Sur « Les décombres » poussent des orties, bénéfiques plantes rudérales !
Cinéphile et musicologue talentueux, Lucien Rebatet connaît toujours la faveur des bibliophiles… et mieux encore celle des lecteurs : Ses « Tribus du cinéma et du théâtre » (Nouvelles éditions Françaises 1941 ) et son « Histoire de la Musique » (Robert Laffont 1969) qui fait toujours autorité, figurent encore en bonne place au catalogue des libraires et des bouquinistes. C' est cependant un livre, beaucoup plus controversé, « Les Décombres » qui aura conféré à cet auteur une gloire comparable à celle qui auréola le Céline du « Voyage au bout de la nuit ». (1)Ce texte publié en 1942 par Denoël, assassiné 3 ans plus tard dans des conditions obscures, (2) retrouve aujourd'hui une étonnante pertinence face , à la crise financière et économique mondiale … entretenue, comme hier, par une crasse caste politique au service exclusif des intérêts de la ploutocratie cosmopolite.
Dans Je suis partout du 4 septembre 1942, Robert Brasillach s'enthousiasmait à juste titre à propos de l'ouvrage de Lucien Rebatet: « … extraordinaire épopée de la déroute et de la reconstruction possible, le plus prodigieux succès de librairie que l'on ait vu depuis le premier livre de Céline, qui était un roman. Je n'ai point à revenir ici sur les qualités littéraires exceptionnelles de cette somme vivante et féroce, que l'on salue partout comme une découverte capitale. »
« Les décombres » que certains réduisent hâtivement à un pamphlet antisémite et national-socialiste, occultant ainsi le fantastique témoignage politique et historique (3) qu'il constitue a bénéficié sous l'occupation, de plusieurs tirages successifs. Officiellement plus de 65 000 exemplaires auraient été vendus à l'époque mais il y a tout lieu de croire que ce chiffre n'est pas conforme à la réalité puisque 200 000 commandes supplémentaires auraient été formulées, paraît-il infructueusement, à Denoël qui n'aurait pu y répondre, a -t-il prétendu, faute de papier.


Condamné à mort en 1946 Rebatet échappera in extremis, comme P.A Cousteau, le frère aîné du célèbre Commandant, son patron à « Je suis partout », remarquable hebdomadaire antiparlementaire, anti-démocrate, nationaliste et convaincu de la « décadence » de la France, au peloton d'exécution. Élargi en 1952 il poursuivra jusqu'à sa disparition son activité d'homme de lettres en dépit de l'ostracisme qui le frappait.
En 1976, 4 ans après le décès de l'auteur, Jean-Jacques Pauvert proposera une nouvelle édition du livre, titré « Mémoires d'un fasciste » augmenté d'un tome 2 couvrant la période 1941-1947 publié à titre posthume. « Les décombres » subiront à cette occasion un élagage sévère d'au moins 127 pages dont la responsabilité mal établie reste sujette à polémiques.
Notre Librairie a détenu fugacement, en fonction de demandes pressantes qui nous les ont vite arraché, plusieurs exemplaires des décombres parus chez Denoël comme chez Pauvert : nous en avons déniché, voilà peu de temps, un nouveau faisant partie de l'édition originale de 1942. Ce fort in 12 de 669 pages à demi-reliure (4) et au premier plat de couverture conservé est « truffé » de 3 coupures de presse extraites du quotidien le Figaro des 24-25/11/1946 et du 23 juillet 1976. Les 2 premières , signées d'un certain P.S. , relatent les péripéties du procès Rebatet Cousteau la dernière est l'œuvre de l'Académicien Français Thierry-Maulnier qui s'interroge « à propos d'une réédition contestée » celle de Pauvert, « Faut-il brûler « Les décombres » ?
La question, manifestement, n'est plus dorénavant de mise même si les amis de l'auteur, en d'autres temps, prisaient beaucoup le recours aux autodafés pour assainir certaines productions éditoriales dont ils prenaient ombrage !
Le lecteur périgourdin que nous croisons parfois au hasard des vide-greniers où s'exerce notre coupable commerce, puisque les salons du livre nous sont, par leur coût insensé et prohibitif, interdits, appréciera sans doute le chapitre XXIII intitulé « Les armées de Dordogne » (pp 449 à 469). On y découvre qu'avant de se forger une réputation (usurpée certainement) de vaillants résistants « les autochtones… avaient trop à faire à garer jalousement leurs denrées les plus précieuses, et à tondre au plus près, en vendant le reste, ce flot miraculeux de clients kaki » d'une armée de la République en déroute !
Les décombres Denoël 1942 In 12 demi-reliure 669 pp Bon état. 70 €
Ch. C le 07/11/2011
(1) Au catalogue des Editions de La Reconquête figurent de nombreux ouvrages mis à l'index de Céline comme de Rebatet
(2) L'enquête ne put aboutir à l'arrestation du ou des coupable. Parmi les hypothèses retenues le meurtre crapuleux , les rivalités financières et professionnelles voire même un acte d'épuration expéditive Denoël étant l'éditeur à succès de Céline et de Rebatet
(3) La dénonciation de la ploutocratie cosmopolite, la peinture au couteau des mœurs et des appareils politiques, les portraits sans complaisance des gouvernements d'une 3ème ,minée par la corruption et les scandales, comme de ses opposants, Maurras et son Action Française, en tête, l'évocation des milieux intellectuels et journalistiques d'alors et de leurs emballements respectifs pour de nouvelles idéologies totalitaires, Fascisme et Communisme, la révélation du stupéfiant état de décomposition de l'armée… servies par une plume acérée assurent à l'œuvre de Rebatet une place enviable au Panthéon de la littérature engagée .
(4) Que le lecteur, notre client potentiel, se rassure la Demi-reliure n'est pas une reliure à moitié achevée mais une reliure dans laquelle le dos et une partie seulement des plats sont en peau ou en toile (le reste étant de papier encollé), par opposition à « reliure pleine ».
Ne tirez plus sur le libraire !
Les livres, ma passion, ma perte
Ces liens vous permettent d'accéder à deux excellents articles parus dans Libération ; deux articles qui fleurent bon leur faire-part de décès !

Boycottez la visite de Lascaux II
Lire et parler de ses lectures pour retarder les pertes de mémoire : le livre bientôt remboursé par la sécurité sociale ?

Comme beaucoup d'archéologues périgourdins les rédacteurs du blog http://vmp24.info/VMP/Association_Vieux-Mareuil_Patrimoine.html font en sorte d'effacer des tablettes le nom Christian Carcauzon. C'est ainsi qu'à propos de La grotte de Fronsac (1) les premières publications de l'inventeur sont purement et simplement passées sous silence ; la Revue Archéologique Sites est ainsi évincée d'une bibliographie à tout le moins « sélective »… Pourtant c'est dans son N°22 daté d'Août 1984 pp 7 à 15 que furent exposés, plus de 10 ans avant les digressions savantes des Delluc, Perpère et Duhard, sous la signature de son explorateur, les résultats de la première étude du seul sanctuaire magdalénien de la vallée de la Belle 
Les figurations féminimes acéphales et apodes de la grotte de Fronsac (Photo Ch.Carcauzon reproduction interdite)
L'Objectif de VMP serait-il de ravaler le premier analyste du site au statut humiliant de spéléologue… dont le seul talent consisterait à ramper et à se vautrer dans l'argile des cavernes ?
Vaste et ambitieux programme aurait pu dire un certain Charles de Gaulle !
(1) découverte par Ch.Carcauzon qui n'est pas cité et a été privé en outre par le CG24 de tous ses droits d'inventeur de la grotte ornée de Jovelle à La Tour Blanche ( voir plus bas sur cette même page d'accueil)
Nos 980 photos, essentiellement dédiées au patrimoine botanique et à l'entomofaune du plateau , ne sont pas, pour la majorité d'entre elles, classées par catégories. Pour les visionner en totalité cliquez sur le lien ci-contre: Voirlesphotos


Lire aussi : La spiranthe d'automne
Argentine : un projet loufoque d'aménagement des cluzeaux !
Photo Ch.Carcauzon reproduction interdite
Cluzeaux d'Argentine : mutilations annoncées !
Article ajouté le 2011-01-12 , consulté 612 fois
"L'Aventurier de la grotte perdue" : Tel est le titre accrocheur d'un récent papier signé par un certain Corentin Chrétien officiant pour le compte de Sud-Ouest . A la lecture de l'article ainsi baptisé on apprend malgré tout que la cavité en question, égarée en dépit des performances actuelles des outils de géolocalisation, n'est autre que celle de Vallon Pont d'Arc (2), un des derniers sites orné de fresques paléolithiques mis au jour en France.
La photo illustrant le dit texte représente, avatar sur le retour d'Harrison Ford, le préhistorien Jean-Michel Geneste qui, regard sombre, chevelure et moustache d'argent, comme le torque enserrant son poignet, semble commis d'office pour assurer auprès des médias locaux la promo du navet réifié consacré au temple souterrain ardéchois et réalisé par le cinéaste Werner Herzog qui, par le passé , fut bien mieux inspiré (3).
L'œuvre aurait paraît-il remporté un vif succés outre Atlantique ; en France ce trop long document d' 1 heure 30 séduira-t-il le public. À visionner la bande annonce, truffée de louanges complaisantes et serviles en incrustation dans le générique, on est en droit d'en douter malgré tout le talent comique du paléolithicien chamanique méridional Jean Clottes!
Chacun se forgera son opinion à la faveur cette réclame proposée par Evenne:LA GROTTE DES RÊVES PERDUS - Actualité Cinema - EVENE
Jean-Michel Geneste, dans un sursaut de lucidité confie au reporter périgourdin, qu'à son avis « pour accompagner des peintures en noir et blanc, il aurait peut-être fallu moins de violons et de flûtes »… et sans doute aussi de ces PIPeaux (4) chers au potentat régional-socialiste de la Dordogne, Bernard Cazeau, et dont la vacuité tintammaresque se nourrit des impôts versés par les contribuables de ce département.
Ch.C
(1) Chapeau : terme journalistique qui désigne l'introduction d'un article.
(2) dite aussi grotte Chauvet du nom de son immodeste inventeur.
(3) Le documentaire est produit par le Ministère dit de la culture (sic) et la chaîne Arte
(4) Le PIP , pôle International (sic) de Préhistoire est une usine à gaz où le président du CG24 met ses protégés à l'abri du besoin… comme du travail également.
Article ajouté le 02-09-2011
En 2010 les éditions Fanlac publiaient presque concomitamment 2 livres remarquables. Le premier ,dû au talent de William S Merwin dont 2 précédents ouvrages, La Renarde et Les fleurs de mai de Ventadour (The last Troubador) traduits de l'américain par Luc de Goustine figurent également au catalogue de la maison périgourdine, s'intitule Les dernières vendanges de Merle. Il s'agit, au gré d'un récit inspiré à l'auteur par un très long séjour en terre quercynoise, de suivre les pas d'un hôtelier marchand de vins dans ses ultimes tournées sur le Causse. Sa lecture est un enchantement à chaque page renouvelé tant la fluidité du style épuré, la subtile harmonie des lieux dépeints en mots aquarellés et la vérité psychologique des personnages permettent d'assister « À travers les hommes et les paysages (…) au dernier inventaire d'une civilisation rurale, dressé non sans tendresse» On est loin ici de la littérature régionaliste , engluée dans l'histoire locale et l'ethnographie réifiée, sauce « École de Brive ». Si le narrateur sait à merveille évoquer « le calcaire dont tous les bâtiments (tapissés) de lichens rouillés(…) étaient faits et (d'où )même par temps gris émanait … une luminescence de fin d'après-midi d'été … » c'est pour, avec une égale maîtrise, peindre d'un pinceau caressant les portraits magnanimes et attachants de toute une théorie de personnages parmi lesquels ce curé que Merle, le bon samaritain du causse, se refuse à appeler « mon père » … et rendre compte de la fuite chaotique et incertaine du temps « Merle fut surpris de voir qu'il n'était pas plus tard que ça quand il quitta Florème pour descendre vers la rivière, dépassant la vieille bergerie à moitié enterrée dans la colline, toujours placardée d'affiches annonçant quelque cirque venu généralement voilà des mois et dont il n'avait jamais entendu parler. Chaque fois qu'il passait les dates sur les lambeaux détachés de papier de couleurs vives éveillaient en lui comme un flottement, une soudaine absence de référence, et tandis qu'il prenait le virage suivant, il ne se souvenait plus en quelle année on était, ni où il se rendait. Ce moment récurrent n'avait rien de désagréable mais procurait une impression semblable à celle d'un cerf-volant dont la ficelle échappe à votre prise. »
Ramuz,Pergaud, Vercel, Simenon... pour ne citer que ceux-là, ne sont pas loin
Ch.C le 2/3/2011
Le Périgord des Peintres
Avec Le Périgord des Peintres Bernard et Marie-Françoise Tardien, qui ont repris les rênes des éditions Fanlac, proposent un de ces ouvrages magistraux que l'on dit de référence. Pourrait-il d'ailleurs en être autrement en l'occurrence puisque, si étonnant que cela soit, le livre que Jean-Michel Linfort dédie aux artistes ayant consacré tout ou partie de leur œuvre à la Dordogne est le premier du genre même si Jean Secret, Marcel Fournier et Pierre Fanlac en avaient rêvé, dès 1983 . Cet avantage ne minore en rien l'exceptionnel travail de l'auteur et des éditeurs : l'ouvrage, un superbe in quarto carré de prés de 300 pages a tout pour séduire le bibliophile exigeant avec son iconographie éblouissante épaulant un texte érudit nourri de connaissances quasi encyclopédiques qui déroge parfois au conformisme ambiant !

Il sera difficile à tout autre prétendant de marcher sur les brisées de Linfort car, avec ce coup d'essai, celui-ci réalise véritablement un coup de maître!
Le Périgord des peintres inaugure une savante exposition virtuelle où s'affichent les "images sublimées" de l'âme d'un terroir occitan, âpre presque toujours, les sombres, vigoureuses et tourmentées xylographies de Louis-Joseph Soulas en témoignent, mais quelquefois chaleureux comme l'attestent les toiles lumineuses de Jean-Georges Pasquet.
La plupart des 180 peintres, dessinateurs, illustrateurs...figurant à l'index du catalogue (1) a subi l'envoûtement géomacien de cette province sans savoir que les galeries profondes d'une de ses cavernes secrètes, celle de la colline de Lascaux, abritaient le plus éblouissant legs artistique de l'humanité !
Le seul bémol à apporter à ce concert de louanges concerne le style de l'auteur qui verse souvent dans l'emphase alors que le traitement du sujet aurait certainement gagné à une moindre grandiloquence.
Beaucoup, peu habitués au procédé, en auront été troublés... Que ceux-là lui pardonnent ses flamboyantes et lyriques envolées culturelles poétiques... Il fallait sûrement une bonne dose de passion pour venir à bout d'un tel projet éditorial marqué, cela va de soi, au fer rouge d'une "flamme" métaphorique !
On peut regretter également l'absence étonnante, mais sans doute délibérée, d'une bibliographie étoffée que, pourtant, l'ouvrage exigeait !
Ch.C le 2/3/2011
(1) Les meilleurs (Soulas, Albe, Merlaud, Lunaud, Dessales-Quentin...) y côtoient les pires comme ce Vincent Corpet dont les indigents bovidés "picassoniens" peuvent traumatiser les êtres sensibles
Jean-Michel Linfort : Le Périgord des peintres Fanlac 2010 39€
Voilà 100 ans disparaissait le poète Gaston Couté : écoutez Couté !
http://www.youtube.com/watch?v=8jTk6ESlrhs
En cette fin d'hiver 2011 notre confrère Frédéric Inizan rend son tablier : le médiatique conseiller municipal « Vert » de Sarlat cède en effet son pas de porte à un bistroquet entreprenant qui y installera une officine publicitaire. 10 ans après son ouverture la librairie l'Orange bleue, le meilleur de son fonds vendu à l'encan, disparaît définitivement ! On comprend le choix du commerçant : le Périgord, peuplé d'incultes (des amateurs de truffes, de mauvais pinards de Bergerac et de foies gras lire Sarlat / Un jeu concours en marge d'une grande bouffe mais aussi Politique/ Les occitans périgourdins dans l'arène et encore Les bouchers au collège) et de pingres patentés qui confondent librairies et vide-greniers est certainement le plus détestable endroit du pays pour embrasser un métier exigeant de celui qui l'exerce une abnégation sans bornes comme une absence totale d'esprit mercantile !
Quel sera l'avenir du libraire désormais défroqué ? Celui-ci se montre réservé, évoquant simplement un emploi à Périgueux « toujours dans le domaine du livre » sans vouloir pour autant déflorer l'identité de son futur employeur « Euh… Je préfère ne rien dire, j'attends que les gens m'annoncent. » Frédéric usant de ses accointances avec Cazeau, le gérontocrate régional-socialiste « potentat du Périgord » comme le qualifie son ami Germinal Peiro, le député du sarladais, se serait-il trouvé un « plaçou » clientéliste dans le staff des histrions cultureux et des ludions parasitaires qui grenouillent au sein du CG24 ?
Réponse d'ici peu, au plus tard fin août. Les paris sont ouverts !
Ah , le fameux devoir de mémoire ! consulté 1040 fois

Photo Ch.Carcauzon reproduction interdite
Jovelle : La machine à remonter le temps
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