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Plateau garni

Plateau garni : En cette fin d’hiver 2006 le PNR PL vient de mettre gratuitement à la disposition des randonneurs et des adeptes du tourisme naturaliste un livret consacré, comme l’indique son titre, À la découverte du plateau d’Argentine côté nature. Conjointement conçu et réalisé par le parc et l’association Limousin nature Environnement ce document présente, en 16 pages abondamment illustrées, l’essentiel de la flore et de la faune inféodées aux pelouses sèches calcicoles de ce milieu fragile que sont loin, hélas, de protéger ses classements ZNIEFF et Natura 2000.

Michel Moyrand, qui préside aux destinées du PNR, dispendieuse structure aux réalisations et ambitions bien ternes au point de vue écologique et environnemental, reconnaît, dans une préface, curieusement intitulée édito, que l’opuscule, fraîchement sorti des presses de l’imprimerie limougeaude Atelier graphique ne prétend pas à l’exhaustivité. Certes, il n’a pas, loin de là, valeur d’inventaire et l’ornithologue, en particulier, n’y trouvera pas son compte. Tel qu’il est cependant, en dépit de la piètre qualité des photos et du caractère brouillon, vieillot et peu lisible de la maquette, il permet, en complément de l’excellent balisage didactique du sentier d’interprétation sillonnant l’espace caussenard, d’appréhender toute la diversité de cet écosystème particulier.

                      Reste que, promotion de l’écotourisme oblige, les informations délivrées au fil des pages donnent abusivement à penser au visiteur lambda que le plateau offre, durant toute la belle saison, le spectacle de landes couvertes d’orchidées singulières et de fleurs chatoyantes butinées par la foule innombrable des insectes aux ailes colorées eux-mêmes pourchassés par des vols ondoyants d’oiseaux au chant mélodieux !

                      La réalité causera bien des déceptions à l’amateur peu averti. Toutes ces richesses ne se dévoilent pas simultanément. Les premiers orchis apparaissent au tout début du printemps et la plupart des ophrys ont disparu bien avant la venue des aoûtiens qui malgré tout pourront s’extasier devant la transparence des ailes de l’ascalaphe ce faux papillon qui se prend pour une libellule et assister au repas de la mante gloutonne, voire à son accouplement. Si pour admirer le pourpre de l’Epipactis helleborine le juilletiste sera raccord il sera contraint, en revanche, de revenir en septembre pour contempler la Spiranthe d’automne … Le plateau d’Argentine, et c’est heureux, donne le la ; ici on se plie au rythme de la vie sauvage, on ne consomme pas, à sa guise, un produit formaté !

                      Pas d’angélisme toutefois : ce milieu fragile est en butte à d’innombrables agressions. Quoi qu’en dise Michel Moyrand les dépotoirs et décharges sauvages se multiplient, les sports mécaniques mutilent, jours après jours, les pelouses xérophiles et les motos ou les quads détruiront bientôt la petite station de tulipa sylvestris qui s’aventure sous leurs roues… Les carrières, peu à peu, rongent le causse et font disparaître les ultimes vestiges d’une civilisation rurale jadis respectueuse de son cadre de vie.

                      … Heureusement, qu’austère et peu fréquenté le plateau reste encore épargné par les souillures du tourisme de masse.

 

 

Le guide À la découverte du plateau d’Argentine côté nature est disponible dans tous les offices de tourisme et syndicats d’initiatives de la Dordogne et de la Haute-Vienne. On peut aussi se le procurer au siège du PNR PL à Abjat-sur-Bandiat  info@pnrpl.com



16/12/2006
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