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Ouste… du balai ?

 

Ouste… du balai ?

 

Périgueux, mesquine préfecture de la Dordogne, est terre de poésie : Ici on célèbre, à grand renfort de vers de mirliton, la truffe et le foie gras comme toutes sortes de cochonnailles roboratives… Accompagnant l'inoubliable cri du porc, saigné dans l'éblouissement d'une tragédie eucharistique annonciatrice d'un déferlement  de cholestérol, le chant de l' aède, rebaptisé félibre, tisse, à longueur de quatrains de comique troupier, la trame mythologique de la culture locale occitane, rad'soc et maçonnique.

Les vers y sont de fumure,  dédiés à des idéaux démocratiques de comices agricoles.

Comme ils ont peine à les garder en bouche, certains bardes, à l'ombre du clocher de Saint-Front, éclusent force godets : ce sont les Hydropathes qui, tout aussi bien, eussent pu se dénommer hydrophobes !

Leur maître fut un certain Émile Goudeau.

Né en 1849 dans la capitale du Périgord où son père exerçait la profession d'architecte, Émile manifesta précocement un vif penchant pour la bouteille en qui il trouva la muse fidèle de ses déboires littéraires. (1)

Aujourd'hui culte lui est rendu, localement, par une officine de littérateurs à la plume hasardeuse, perpétuant, en pointillé, la saga pleine de talent et de fougue du « Club des hydropathes » original.

Ses membres, dussent-ils pour les obtenir, ramper dans les ornières républicaines,  ne dédaignent pas les honneurs et les médailles dispensés par un maire ayant l'avantage de se prévaloir du titre de Ministre de l'Éducation nationale !

Leurs rejetons, Bobos caviardo-gauchistes post soixant'huitards, aimant, pareillement, succomber au chant des sirènes du pouvoir, tentent, désespérément, de se démarquer de leurs rivaux confits dans une tradition XIXe.

Ce sont les modernes ménestrels de la revue Ouste fondée et animée par le chouchou de la presse locale qui lui consacre régulièrement d'élogieux papiers, Hervé Brunaux !

L'homme, un  quadra avancé en âge, prétend que son fanzine, soutenu par le CNL, une usine à gaz clonée sur le modèle de ce CNC si profitable au cinéma franchouillard, est « iconoclaste »

Tous ses lecteurs ne partagent pas ce sentiment. Ben Vautier trouve, en particulier, la poésie d'Hervé Brunaux « un peu trop poétique » mais reconnaît malgré tout que « Sa femme est très belle ».  Ceci compense largement cela !

 

                    

 

« Ce modèle anthologique de revue …a fait son temps parce qu'il n'a plus d'autre sens aujourd'hui que de conforter un réseau autour d'une place forte, en l'occurrence Périgueux, ses lectures et ses expos … » estime, quant à lui, un chroniqueur anonyme du site :

http://www.sitaudis.com/Parutions/ouste-n-15-ete-2007.php

 

Il en est cependant, pour reconnaître au titre, de réelles qualités  « Ouste est pour plusieurs raisons remarquables (sic) » Sans doute, ceux-ci y ont-ils publié leurs engagements comme leurs premiers émois ou leurs « mutineries »…

Peut-on imaginer, cependant, que le pavillon d'une révolte Rimbaldienne puisse être hissé dans les limites étriquées d'une rade institutionnelle étale et turbide ? (2)

Le poète rompt  les amarres ; l'histrion les entretient !

 

Ouste, « la célèbre revue de création et d'exagération, le plus aérien des désodorisants littéraires »,  qui fête ses dix ans d'existence, « sans avoir encore, heureusement, atteint l'âge de raison » a mis bas, en 2002 du festival Expoésie.

La manifestation doit plus sa (petite) notoriété à la venue « de têtes d'affiche prestigieuses (sic) comme Villeglé, Ben, Combas », trop heureux de faire des « ménages », qu'aux    travaux des auteurs réunis pour l'occasion se désignant entre eux par ce curieux vocable de « performers » !.

Comme Xavier Darcos, le Conseil général de la Dordogne conserve toutefois son affection à ce petit monde qui, selon Chantal Gilbert, la journaliste blanchie sous le harnois de Sud-Ouest,  « dégage » !

 

Ch.C le 12/12/2007

  

 (1) ODE AU VIN

de Emile GOUDEAU 1896 ( Poèmes Parisiens )

Ah ! si la Seine était de ce bon vin de Beaune
Et que mon ventre fût large de plusieurs aunes,
Je m'en irais dessous un pont,
M'y coucherais tout de mon long.
Et je ferais descendre
La Seine dans mon ventre
Et si le roi Henry voulait me la reprendre,
Implorant ma pitié, plutôt que de la rendre,
Je lui dirais : " Bon roi Henry
Gardez, gardez votre Paris,
Paris avec Vincennes...
Mais laissez-moi la Seine."

 

 (2)ici on évoque plutôt « Le Bassin » sur un bras mort de l'Isle.



06/03/2008
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