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Mauvais exemple

Mauvais exemple : En juillet 2000 les ouvriers de l’usine Cellatex de Givet (Ardennes) innovèrent en matière de lutte sociale. Pour arracher de dignes indemnités à un employeur qui les licenciaient avec la plus extrême brutalité, ils menacèrent de faire sauter leur entreprise. Tactique payante qui, avec des réussites variables, en inspira d’autres par la suite !

                             Passé dans les annales, ce conflit a fourni la trame du Roman de Gérard Mordillat Les vivants et les morts. Publié en 2005 chez Calmann-lévy ce livre populiste touffu et souvent racoleur n’a pas, loin de là, la gravité prégnante du chef-d’œuvre de Maxence Van der Meersch Quand les sirènes se taisent. Malgré tout, la peinture réaliste des rapports ambigus et hypocrites qu’entretiennent avec les ouvriers, les cadres, les dirigeants, mais aussi les syndicalistes et les responsables administratifs et politiques n’y est pas sans intérêt. Elle aurait même, tout comme l’exposé complexe des stratégies économiques capitalistes, valeur d’exemplarité.

 

                             On ne sait si avant de s’engager dans une grève de la faim, vivement décriée par l’ensemble de ses collègues de la chambre et dénoncée comme contre productive par Alain Rousset,  président PS de la région Aquitaine, le député pyrénéen, Jean Lassalle, s’est plongé dans le bouquin . Toujours est-il qu’il a choisi ce moyen, original mais risqué, pour attirer l’attention nationale et internationale sur une tentative de délocalisation dont pâtiront les 150 salariés de l’usine du groupe japonais Toyal aluminium  travaillant à Accous en vallée d’Aspe. Selon Alain Rousset les craintes de Jean Lassalle seraient infondées. Toyal Europe profitant d’un partenariat avec Total,  investit, certes à Lacq, mais ce ne serait pas pour abandonner son site historique.

                             Aux yeux de nombreux observateurs, dont Jean Dionis du Séjour, député UDF du Lot-et-Garonne, le chef de l’exécutif régional ferait, lorsqu’il accorde toute confiance aux promesses de ses interlocuteurs industriels, preuve de « naïveté » (feinte ?) et méconnaîtrait le caractère « implacable » du monde des affaires (1) ! Jean Lassalle, qui en est à 16 jours de jeûne, affirme vouloir mener son combat jusqu’à ce que Toyal Europe renonce à son projet. « Toutes les assurances qu'on a d'un maintien du site ne tiennent pas.»

                      Un exemple pernicieux qui brouille les cartes … et dont beaucoup, Alain Rousset le premier, renvoyé à ses amitiés patronales par un parlementaire de droite, redoutent qu’il fasse tache d’huile. 

                             Où irait-on si de plus en plus d’élus, Noël Mamère en est un autre, se mettaient à faire preuve de courage ?

Ch.C. Le 22/3/2006

 

(1)     À l’occasion d’une interview donnée hier, Alain Rousset laisse planer le doute quant au maintient de l’activité sur le site d’Accous lorsque le nouveau complexe Toyal de Lacq sera sorti de terre. Le président PS de la région déclare en substance qu’il ne s’agit pas, de toute façon, d’une délocalisation au profit de la Roumanie ou d’un nouvel entrant des ex-pays de l’Est. Les salariés Aspéens apprécieront !

 



16/12/2006
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