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Astrophile Vénérius

Un texte inédit du poète libertin Périgourdin

               Astrophile Vénérius

 


 

              Publiée à Paris par Eugène Conard 130 ans après le décès de son auteur, l'œuvre (1) du poète libertin périgourdin, Astrophile Vénérius, n'en n'a pas fini d'exciter l'engouement des bibliophiles et des amateurs de littérature du second rayon ! Au terme d'âpres surenchères un libraire Sarladais réputé vient d'acquérir un document exceptionnel, demeuré inconnu, du célèbre prosélyte régionaliste du priapisme. C'est une grande feuille, format in quarto ,de papier vergé qui, grand âge oblige, est maculé de rousseurs et sur laquelle court l'écriture nerveuse et fébrile de celui que la duchesse de Caumont-La Tour avait pour habitude de désigner sous le qualificatif, flatteur, sans nul doute, de « Sanglier du Périgord » !

 

              « Les fesses du portefaix » : plus de deux siècles avant l'épanouissement du mouvement « Gay » Astrophile célèbre, dans ce ravissant morceau, sans ambiguïté aucune, les charmes érotiques d'une opportune rencontre. Ce siècle était, viscéralement, révolutionnaire !

 

              Astrophile Vénérius a vu le jour, en 1770, dans une ferme cossue, chapeautée de toits à la Mansart, bâtie au couchant du château de Sauveboeuf où résidait à l'époque le baron de Cugnac  auquel on attribue la paternité du talentueux créateur des « Odes à ma marquise ».

         Après une enfance paysanne, toute calquée sur celle du bon roy Henry IV , Astrophile, soucieux d'échapper au joug paternel putatif d'un obscur régisseur, gagne la capitale. Il se lie très vite d'amitié à tout ce que Paris compte de libertins et de jouisseurs ! A dix-huit ans il est un solide gaillard, au charme ténébreux, dont le regard de velours et la silhouette découplée,  savent faire succomber marquises et blanchisseuses, comtes et voituriers. Le Périgourdin acquiert très vite, en outre,  une réputation flatteuse d'homme d'esprit à la parution de ses premiers poèmes dédiés à la Marquise de Fleury-Rabuttin qui succéda dans son cœur à « la Caumont-La Tour » comme il désigna, sans grande délicatesse, sa première maîtresse. Il sut rapidement profiter de l'inexorable travail de sape des encyclopédistes et dans tous les cafés, nouvellement apparus,  de la ville phare du royaume, se tailla un vif succès grâce à ses œuvres, souvent lapidaires, mais toujours pertinentes et incisives. « Les fesses du portefaix » écrites à la veille de la prise de la Bastille ne témoignent certes pas de ses préoccupations sociétales et politiques ; elles n'en font pas moins de lui un anticipateur sinon un  précurseur de la libéralisation des mœurs qui devait trouver son avènement 175 ans plus tard sous la présidence éclairée de Valery Giscard d'Estaing !

              Le chaos dans lequel la révolution plongera la France contraindra Astrophile, alors en pleine gloire, à l'exil en pays Batave. Loin de Paris qu'il aimait tant le poète sombrera rapidement dans la neurasthénie et cherchera un vain secours dans les paradis artificiels. Seul, bientôt dépourvu de toute ressource, il mettra fin à ses jours, en 1792, en se tranchant la gorge sur la paillasse du sordide galetas du quartier juif d'Amsterdam où il avait échoué !

 

 

   


 

(1)         Recueillies et commentées par Albert Jamain, de l'institut, les pièces qui composent les « Œuvres complètes d'Astrophile Vénérius » ont donné lieu à de multiples rééditions, chez Eugène Conard dans le courant des années vingt.  Aujourd'hui, malheureusement, le livre est devenu quasi introuvable comme le confirme le grand libraire d'ancien Bordelais. Daniel Lévy-Lebrun. La découverte du texte inédit, que nous publions ci dessous pourrait motiver une nouvelle édition qu'attendent avec impatience tous les admirateurs de ce fabuleux poète.



17/12/2006
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