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À propos d'un dernier livre de Peyramaure: Chat vaut moins que ça !

 Chat vaut moins que ça !

            Le dernier livre de Michel Peyramaure doit déjà être disponible à la maison de la presse du chef lieu de canton. C'est l'archétype du bouquin que les éditeurs sortent pour les fêtes de fin d'année et qu'on retrouve empilé, quelques jours durant, sur tous les rayonnages des gondoles des super-marchés !

            Son titre… et son thème sont suffisamment populaires pour qu'il fasse la belle carrière de ces ouvrages achetés dans l'urgence, quand, pour avoir différé outrancièrement la recherche d'un cadeau personnalisé plus judicieux, l'heure approche de l'instant où il faudra bien offrir quelque chose à quelqu'un !

            Apparemment il s'agit d'une plaquette de 96 pages  où il y a lire et à voir puisque l'emblématique barde corrézien de  « École de Brive » s'est assuré, pour l'illustrer,  le concours de José Corréa dont le talent de dessinateur a été encouragé par François Augiéras, écrivain exotique, quoique Périgourdin, déçu de ne pas avoir été totalement honoré par André Gide !

 Sans doute, pour en faire une analyse impartiale, nous plongerons-nous, un jour, dans sa lecture, debout devant l'éventaire encombré destiné aux produits primeurs prompts à se corrompre. Nous n'avons plus les moyens de nous rendre légalement propriétaire du moindre opuscule imprimé aussi pratiquons-nous, souvent, la critique à la dérobée ou à la sauvette qui nonobstant les contraintes de la tâche s'efforce d'aller, directement, à l'essentiel !

 

L'éditeur La Lauze offre donc aux  approches de Noël et du nouvel an ce nouveau Peyramaure sobrement titré « Le chat et la plume » qui tient beaucoup du travail alimentaire.

Cette œuvre, moins que singulière, marche sur les brisées d'auteurs célèbres ayant pour nom  Perrault, Chateaubriand, Gautier, Zola, Maupassant, Colette, Aymé, Vian, Tournier…etc. Elle retrace les  épanchements de l'écrivain envers  ses  commensaux quadrupèdes et surtout ceux qu'il destine à un certain « Verlaine »  chartreux ayant supplanté un teckel dans son affection privilégiée !

« Verlaine n'a pas besoin de montrer patte blanche pour entrer dans mon bureau, Il saute sur ma table, renifle la pointe de mon style, avance vers le clavier de mon ordinateur une patte que je repousse avec fermeté, prend possession d'une liasse dans une attitude méditative. »

Marc Baldy, politicien et homme de lettres cadurcien, un voisin de Peyramaure, aime aussi les chats tout en jubilant, au spectacle de l'infâme torture et de la mise à mort du toro dans l'arène. (1)

Marc Baldy, il y a peu, a perdu son chat, écrasé par une voiture : il en conçoit un vif et sincère chagrin « Toi mon petit gris, tu n'es pas là près de moi ce soir,allongé sur l'imprimante, surveillant tout ce qui bouge sur l'écran et le diablotin  qui gesticule  sur la page d'accueil en particulier »

Le « Petit gris » de Marc Baldy s'en est allé, le privant de son affection… pour lui ouvrir les yeux… mais Marc Baldy continue d'adorer la tauromachie. Et d'autres chats qu'il aimera disparaîtront encore et encore sous les roues des automobiles !

Les écrivains comprennent-ils quelque chose aux chats qui transfigurent leur quotidien ? Pas sûr.

On ne peut aimer les chats que si l'on aime plus encore les souris et les oiseaux ... et les toros!

Paul Léautaud était–il de ceux-là ? Peut –être !

Ce qui est certain c'est que l'ermite de Fontenay-aux-Roses n'en a jamais manqué de chats (ni de chiens, du reste) "J'ai dû avoir au moins 300 chats et 150 chiens. Pas tous à la fois. Mais ma moyenne c'était une trentaine de chats et une douzaine de chiens."

Il n'en a pas fait, pour autant, un livre, de ce compagnonnage de longue haleine !

« Le plus beau, le voici. Représentez-vous-le, si vous le pouvez. Sur ma table de travail, sur le petit bureau anglais, au milieu de la pièce, sur la cheminée, sur les piles de livres et de papiers de la vieille commode, de chaque côté du Diderot (un buste), sur le fauteuil, sur le tapis, par terre, auprès des deux chiens qui vivent avec moi au premier (ils ne sont plus que deux aujourd'hui, depuis que le petit Singe et le cher Pataud sont morts), jusque sur ma chaise de travail, au point qu'il ne m'est pas toujours commode de m'asseoir : cinq, dix, quinze, vingt, trente chats, ou plus, selon le nombre auquel il prend fantaisie de venir me tenir compagnie. Représentez-vous cela, vous avez alors le tableau complet. »

(1) Voir sur ce même blog rubrique « des bouquins qui font couler de l'encre » notre aticle Le blog de Marc Baldy format livre de poche

Le chat et la plume
Texte de Michel Peyramaure
Illustrations de José Correa

150 x 220 mm / 96 pages / relié / 15,00 euros
2007 / ISBN 978-2-35249-022-7

15 € ça fait bien cher la page... pour ne même pas sentir "l'odeur acide de l'urine de chat (qui) prend à la gorge, étouffe et paralyse..."



15/04/2008
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